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Kita a pris une « soufflée »

Nantes / Le Havre (1-2) - Résumé, le 5 mai 2009

Souffler n'est pas jouer
 

La défaite contre Le Havre (2-1) a plongé Nantes dans la zone de relégation. Le résultat a été mauvais et la qualité du jeu d'une faiblesse abyssale. Ce qui arrive n'est évidemment pas une surprise, c'est la logique conséquence d'une politique incohérente à tous les niveaux. Le public a manifesté sa colère en demandant la démission de la direction. Directement mis en cause, Waldemar Kita est allé engueuler les joueurs dans le vestiaire. Mais qui les a recrutés en les présentant comme des stars ? Qui les fait jouer aussi mal ? Qui trahit la philosophie et la culture du jeu à la nantaise ? Qui ne connaît rien au football ? (B.V.)

(© 2009) (http://www.fcnantais.com/articles/090503NantesLeHavreResume.php)

Le jeu à la nantaise existe encore...mais pas à Nantes

Certains se sont demandé pourquoi ce match Nantes – Le Havre avait été décalé par rapport aux autres. Il s'agissait d'un cadeau de la Ligue aux dirigeants du club ! Ces derniers ont tellement clamé que le football à la nantaise est dépassé que les gens qui établissent le calendrier ont voulu leur donner l'occasion, et accessoirement le plaisir, de constater qu'en réalité il existe encore. Alors, ils leur ont permis de regarder samedi soir le match du Barça face au Real.

Car le Barça, c'est Jean-Marc Guillou qui l'a dit, et nous le confirmons, joue, lui, à la nantaise. Contrairement au FC Nantes qui n'en finit plus de se fourvoyer dans l'ultra-conformisme et de renier ainsi son passé. Le Barça a un entraîneur barcelo-barcelonais, Pep Guardiola, enfant du club, et il s'est présenté à Santiago-Bernabeu avec six joueurs formés en son sein : Victor Valdes, Puyol, Xavi, Iniesta, Piqué et Messi. Plus Sergio Busquets et Bojan entrés en cours de partie. Oui, huit joueurs issus de l'école du Barça, celle d'un football technique, offensif et audacieux. Ce club-là possède une âme et il sait la cultiver.

Un football qui ennuie, un football qui perd

Vous connaissez le résultat de Madrid : un jeu de rêve du Barça, porté par la grâce, celle-là même qui caractérisait le Nantes 1995 de Suaudeau, et six buts dans les filets du Real. Quelle leçon pour les dirigeants de Nantes qui ont tourné le dos à la politique et au football qui font à présent la force des Catalans. Pour leur part, ils ont empilé une cohorte de mercenaires au gabarit imposant mais à la technique limitée, repérés par une personne méconnaissant le jeu, privilégiant la masse athlétique au détriment de la technique et de la complémentarité. Le tout débouchant sur un football triste, rigoureux, calculateur, sans flamme ni rapport avec le style qui a fait l'histoire et la gloire du FCN. Un football qui ennuie. Un football qui perd.

On ignore si l'état-major et le staff technique nantais ont regardé la télé samedi soir. Et surtout s'ils ont tiré des leçons de ce qu'ils ont éventuellement vu. On peut en douter tant ils s'inspirent peu des méthodes du Barça. Ils s'inscrivent même à leurs antipodes. Les hauts dirigeants dédaignent la qualité des formateurs et ils ont tellement médit des jeunes, (le fameux « le centre de formation, c'est une coquille vide »), qu'ils semblent résolus à se séparer de Laurent Guyot.

Au Barça, Guyot ne serait pas poussé vers la sortie, il entraînerait peut-être l'équipe première

Or, au Barça, Guyot serait peut-être déjà l'entraîneur de l'équipe première puisque, il faut le rappeler, Guardiola, jusqu'en juin dernier, n'avait entraîné qu'une seule équipe : celle des jeunes blaugranas. Quand on a un technicien maison qui avec Stéphane Moreau contribue à vous emmener en finale de la Coupe Gambardella on ne le pousse pas vers la sortie et plutôt que d'aller acheter des « starlettes » comme Babovic et Faty, présentés en leur temps, le premier comme le Messi des Balkans, le second comme un grand espoir de la Roma, ça ne s'invente pas, on fait confiance aux jeunes qu'il a formés. On le laisse bâtir son équipe et mener son recrutement. On se félicite d'avoir un nanto-nantais.

Toute la politique menée par le club depuis deux ans (et même davantage, soyons juste) va hélas à l'encontre des principes nantais d'autrefois et de Barcelone aujourd'hui. Nous sommes d'autant plus à l'aise pour le déplorer que depuis le départ, en l'occurrence l'arrivée de Kita, nous crions casse-cou. Ce qui advient était hélas des plus prévisibles, c'est même d'une implacable logique. Nantes fait du Metz, écrivions-nous durant l'automne 2007. Pourquoi dès lors son destin serait-il différent de celui du club lorrain, retombé en Ligue 2 tout juste un an après en être sorti ?

Il est grand temps d'ouvrir les yeux

Elie Baup d'abord, Waldemar Kita ensuite, ont poussé un coup de gueule dans le vestiaire à l'issue de la rencontre. Croient-ils que c'est la meilleure méthode pour rendre leurs joueurs plus intelligents, plus techniques, plus entreprenants ? « On a été mauvais, on s'en était rendu compte, ce n'était pas la peine de nous le dire » a sobrement commenté Mamadou Bagayoko. En évitant de mettre en cause son « ami » Kita: « c'est le président, il est dans son rôle... » Mais si Kita a poussé une soufflante, il faut aussi souligner qu'il n'est pas sorti indemne d'une soirée où une partie du public lui a indiqué sa façon de penser en scandant à plusieurs reprises « Waldemar y'en a marre ! » et « direction démission ! »

Allons, messieurs les supporters, il ne faut pas trop rêver... Et si critiquer à présent est assurément nécessaire (il faudrait être simple d'esprit pour applaudir !), cela ressemble tout de même à tirer sur une ambulance. Il aurait fallu réagir plus tôt, plus vite. Ne pas dire « on attend de voir pour se prononcer », tant il était prévisible qu'on allait droit dans le mur. Parmi les siffleurs de dimanche, ne se trouvaient-ils pas quelques laudateurs d'hier, des gens qui croyaient naïvement que le recrutement du dernier été était de qualité ? Qui avaient dit : « Baup, c'est l'entraîneur qu'il faut » (Der Zakarian ou Perrin, remarquez bien, c'est casquette blanche et blanche casquette) ? Qui même avaient cru que Kita est « un tout bon puisqu'il met de l'argent » ?

Outre que le fric n'autorise pas à faire n'importe quoi, même pas à jouer avec les hommes ou une entreprise, on rappellera que tout le monde ignore ce que va faire Kita avec Nantes. On découvrira seulement à la fin de l'histoire, quand il revendra, quel a été son apport financier. Ou son bénéfice. Il a acheté le club 10 millions d'euros il y a près de deux ans et ce prix « d'ami » consenti par la banque de Dassault, pressée de se débarrasser du « bébé », lui offre de la marge. La semaine dernière, le président du Havre, confronté aux offres de Dhorasoo, qu'il souhaite bien évidemment repousser, la place étant bonne, a estimé son club à 15 millions d'euros. Or, le FC Nantes, même s'il glisse sur une pente savonneuse, possède une valeur et un potentiel supérieurs au vieil HAC.

Rien pendant vingt minutes

Si Kita a essuyé l'ire du public et s'il est allée la répercuter sur les joueurs, c'est évidemment parce que les Canaris n'ont absolument pas su s'inspirer du Barça. Au-delà d'une défaite très embêtante dans la situation actuelle ils ont même rendu une copie franchement affligeante. « Tout se joue souvent au mental » avait estimé Elie Baup. Ce serait trop simple.

Mais même sur ce plan là, l'un des plus élémentaires, les Canaris ont failli. Ils n'ont pas affiché la volonté et la combativité qui transcendent parfois les équipes bataillant pour leur survie et leur permettent, même brièvement, de compenser en partie leurs lacunes techniques et tactiques. Leur début de rencontre fut si timide qu'il ne se passa rien pendant les 20 premières minutes On a bien écrit RIEN car on ne pense pas que l'ouverture d'Abdoun pour Bagayoko, les mauvaises passes de Faty, un dégagement hasardeux d'Alonzo, un tacle limite de Pierre ou même une intervention suspecte sur De Freitas méritent d'entrer dans l'histoire.

Bekamenga ouvre le score

Nantes évoluait comme à son habitude en 4-2-3-1 avec Da Rocha et Faty à la récupération, Bekamenga en pointe et une ligne constructive (oh que le terme est osé) composée de Bagayoko (à droite), De Freitas et Abdoun. Un fossé séparait d'ailleurs ces quatre éléments offensifs du reste de l'équipe (ce que Bagayoko déplora plusieurs fois par de grands gestes) et si De Freitas s'efforçait de poser le ballon à terre, les trois autres évoluaient de façon très individuelle et souvent aveugle. Malgré tout, les Nantais eurent le bonheur d'ouvrir le score, à la suite d'une action personnelle de Bekamenga qui, servi par De Freitas, parvint à se débarrasser en force de trois adversaires et à placer le ballon hors de portée de Placide (23è minute).

Diallo, l'ancien sauveur, égalise

Les Canaris avaient alors tous les atouts entre leurs pieds, il est même probable que s'ils avaient appuyé un peu plus leurs actions ou s'ils avaient fait preuve d'un minimum de talents ils auraient réalisé le break. Le Havre, en effet, n'est pas lanterne rouge par hasard, son équipe est très faible. Mais Nantes joua si mal qu'il lui laissa la possession du ballon (si, si, 48 à 52 % en première période) et qu'il lui permit ainsi de se remettre dans le match. Alonzo s'interposa une première fois sur un shoot croisé d'Alla (32è), il repoussa d'une main une tentative de Diallo (37è). La troisième occasion des Normands, à la 40è minute, fut la bonne. Sur un centre de la droite d'Anin, ils placèrent deux têtes, la première d'Aït Ben Idir, la seconde de Diallo, lequel se joua de Pierre et surprit Alonzo, sorti à contre-temps. Le Malien aurait été hors-jeu si Faty n'avait pas traîné près de la ligne de but, négligeant toute notion tactique.

Marange donne l'avantage au Havre

Mamadou Diallo, sauveur des Canaris le 28 mai 2005, lors d'un mémorable match contre Metz, au temps où le FC Nantes avait encore un semblant d'âme, malgré Gripond, les a donc peut-être définitivement enfoncés en ce dimanche après-midi facilement oubliable et où, sur le plan de la qualité du jeu, ils ont touché l'abîme.

« On a été nul », reconnut franchement Da Rocha. « On a essayé de se révolter mais chacun de son côté et ce n'était pas la solution », admit Bagayoko. Le deuxième but havrais tomba sur les têtes nantaises à la 61è minute. A la suite d'un corner. La défense renvoya n'importe comment, Marange récupéra le ballon, esquiva la charge de Bagayoko qui décocha un grand coup de pied dans le vide, et arriva face à Alonzo qu'il expédia sans façon cueillir les pâquerettes.

« On est en Ligue 2 » scandait le public

Nantes sombra alors dans la médiocrité absolue, misant sur un hypothétique kick and rush pour tenter de préserver les apparences. Kita en entendit donc pour son grade, les sifflets strièrent l'air de la Beaujoire et les supporters mirent un peu d'ambiance en chantant « ce soir on vous met le feu », tout en allumant des rouleaux de papier. Il y eut aussi des « merci les Jaunes, merci » ironiques et pour finir des « on est en Ligue 2 » teintés de résignation.

Sur le terrain, Nantes était passé au 4-4-2 à la suite de l'entrée en jeu de Klasnic, invité par Baup à succéder à l'énigmatique Abdoun (54è). De Freitas qui avait d'abord glissé sur le flanc droit revint au milieu, au côté de Da Rocha lorsque Babovic effectua, à son tour, son apparition sur la pelouse (64è, à la place du fantomatique Faty). Le Messi des Balkans passa plus de temps assis sur la pelouse que le ballon entre les pieds. Klasnic, pour sa part, se distingua durant les arrêts de jeu par un « superbe » tir qui passa à une bonne dizaine de mètres de la cible. « Le plus beau coup de la carrière » du recruteur nantais, c'est lui qui le dit, ne pouvait mieux illustrer les erreurs de la direction du club. Klasnic n'est ni nanto-nantais, ni barcelo-barcelonais, il est Croate, il est né à Hambourg, il a joué à Brême et il a parfois expliqué ses difficultés à s'adapter par le fait qu'à Nantes on parle peu anglais, comprenne qui pourra. Mais ce n'est pas seulement son dernier shoot qui était dévissé, c'est tout le club qui est désormais menacé de chute libre. La corde de rappel est perdue et, en contre-bas, il y a la Ligue 2.


B.V.., le 4 mai 2009


 

 

 
 
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